L’asphyxie correspond à une détresse respiratoire liée à une hypoxie dont les causes sont variables. Cet état peut évoluer rapidement
vers l’anoxie. Les signes
de l’asphyxie sont :
– la cyanose ;
– les sueurs (signe d’hypercapnie)
;
– la polypnée évoluant vers une polypnée superficielle et inefficace puis une
bradypnée signant l’épuisement ;
–
des troubles
de conscience (agitation, torpeur, coma hypercapnique
ou
hypoxique avec clonies).
L’hypoxémie provoque une vasoconstriction pulmonaire à l’origine d’une
hypertension
artérielle pulmonaire. Cette dernière va entraîner une insuffisance
cardiaque
droite aiguë avec une
hépatomégalie douloureuse.
Prise en charge de l’asphyxie
Suivant la cause de l’hypoxie, la conduite à tenir est variable. En cas d’asphyxie dans une atmosphère confinée (incendie, intoxication au CO…), la victime doit être dégagée de la zone dangereuse sans mettre en danger les sauveteurs (déga- gement d’urgence avec le sauveteur en apnée : cf. supra). La prise en charge est ensuite adaptée en fonction du bilan.
En cas d’inhalation d’un corps étranger chez une personne encore consciente avec une obstruction totale des voies aériennes (aucun son audible, toux et respiration impossibles), laisser la victime dans la position où elle se trouve, désobstruer les voies aériennes en lui donnant cinq claques vigoureuses dans le dos. Si ces claques sont inefficaces, cinq compressions abdominales selon la technique de Heimlich sont pratiquées (fig. 6).
Fig. 6 – A. Obstruction des voies aériennes : cinq claques dans le dos, B. Manœuvre de Heimlich.
Pour réaliser la technique de Heimlich, le sauveteur se place derrière la victime contre son dos en passant les bras sous ceux de la victime à la partie supérieure de son abdomen.
La partie supérieure du corps de la victime est penchée vers l’avant puis le sauveteur met le poing sur la partie supérieure de l’abdomen au creux de l’estomac au-dessus du nombril et en dessous du sternum. Le dos de sa main est tourné vers le haut avec un poing horizontal. L’autre main est posée sur la première, les avant-bras n’appuyant pas sur les côtes. Une pression est alors réalisée vers l’arrière et vers le haut. Le but de cette manœuvre est de comprimer les poumons pour réaliser un effet « chasse d’eau » au niveau de la trachée.
Si
l’obstruction n’est que partielle (le patient parle, crie, tousse), il ne faut surtout pas réaliser
de tentative de désobstruction (risque de mobilisation du corps étranger avec obstruction complète). La personne est alors installée dans la position
où elle se sent le mieux en
la surveillant de façon très
rappro- chée. Si celle-ci s’arrête de respirer, les manœuvres décrites plus haut sont alors réalisées.
Si la personne a une obstruction complète et qu’elle est inconsciente, des manœuvres de ventilation artificielle
sont alors débutées au mieux avec un insufflateur du type AMBU ou plus immédiatement par bouche-à-bouche.
Une fois l’équipe du SMUR en préhospitalier ou de réanimation à l’hôpital arrivée, le recours à une oxygénothérapie au masque ou par sonde d’intubation est nécessaire. Une double démarche thérapeutique
et diagnostique est ensuite entreprise. L’examen clinique
est complété par un cliché thoracique et une gazométrie. Si le corps étranger est toujours
présent, une endoscopie rigide sera nécessaire sous anesthésie générale.
Si l’asphyxie est liée à une inhalation de gaz toxiques (CO, fumées d’incendie), les patients doivent être mis systématiquement sous oxygène soit en inhalation s’ils
ventilent spontanément, soit par ventilation artificielle. Si l’intoxication
est massive, un traitement par oxygénothérapie hyperbare sera nécessaire (caisson hyperbare).
Les atteintes respiratoires (asthme, broncho-pneumopathie, œdème pulmo- naire) sont l’objet d’une recherche de la cause et d’un traitement adapté (oxygénothérapie, ventilation non invasive, intubation, bronchodilatateurs, antibiothérapie).
Les lésions traumatiques (traumatisme thoracique, pendaison) nécessitent une
intubation et une ventilation artificielle.

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