Hémoptysie

Hémoptysie




DIAGNOSTIC


  • > Hémoptysie    

Rejet de sang par la bouche provenant des VA sous glottiques lors d’un effort de toux    
± prodromes ou signes d’accompagnements : chaleur rétrosternale, chatouillement laryngé, 
goût métallique dans la bouche, angoisse  

  •  Eliminer    

Saignement stomatologique / ORL (épistaxis posterieure ou saignement pharyngo-laryngé)    
Hématémése (mais le sang retrouvé dans l’estomac peut correspondre à une hémoptysie déglutie)

DIAGNOSTIC DE GRAVITE


  •   Quantité de sang rejeté et du terrain   

Pronostic et choix thérapeutique dépendent du volume de saignement et de la maladie sous-jacente   Pas de critères consensuels pour classer les hémoptysies :
- Hémoptysies faibles/minimes : faible volume / stries de sg ds un crachat
- Hémoptysies modérées- Hémoptysies massives (> 500 mL/24 h)
- Hémoptysies « menaçant la vie » (> 200 mL/h si fction respi normale ou > 50 mL/h si IRC ou > 2 épisodes
d’hémoptysie modérée malgré vasopressine)
  

  •  Apprécier le retentissement hémodynamique et respiratoire : gravité immédiate    

Liée à l’inondation bronchique (retentissement sur l’hématose, risque asphyxique : le volume des voies
aériennes de conduction = 250 mL) : encombrement bronchique, détresse respiratoire
    
Liée à l’hémorragie : hypoTA, tachycardie, oligo-anurie, état de choc

BILAN DU RETENTISSEMENT , PRETHERAPEUTIQUE ET DES FACTEURS FAVORISANTS


  •   Biologie

NFS plaquettes
Hémostase complète (TP, TCA, Fibrinogène)
Gaz du sang
Créat, Iono
Groupage ABO Rh RAI 

  •  ECG +++

DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE

Ne doit pas retarder la prise en charge thérapeutique en cas de mauvaise tolérance

  •   Clinique


ATCD, terrain, contexte (trauma, CE, ..) ttt habituel, exposition particulière, contagiosité, signes associés 

  •  Paraclinique


Rx pulmonaireQ+
Fibroscopie bronchiqueQ++++- Systématique devant toute hémoptysieQ- Objective le saignement actif (doit être réalisée précocément ou durant l’épisode d’hémoptysie)- Précise son origine (côté du saignement, bronche segmentaire ou sous-segmentaire)
TDM thoracique : tumeur, DDB, anomalie de circulation pulmonaire (malformation artério-veineuse, maladie
thrombo-embolique)

Artériographie bronchique : du fait de ses risques, à titre thérapeutique et pas à visée diagnostique

Etiologies

 Aspergillose
Bacille de Koch Cancer bronchopulmonaire>> 
DDB
Embolie pulmonaire
Pneumopathie aigue infectieuse
Retrecissement mitral                  >> GoodPasture


C
AUSES BRONCHOPULMONAIRES


  •  Tumeurs


Cancer bronchique primitif (le + svt épidermoïde de localisation centrale)- Hémoptysie par hypervascularisation systémique ou par érosion d’un gros vaisseauQ- Crachats hémoptoïques chez un homme > 40 ans, fumeur- Fibroscopie bronchique systématique
Tumeurs bénignes (Tumeurs carcinoïdes)- Tumeur bronchopulmonaire potentiellement maligne se compliquant svt d’hémoptysie- Diagnostic : suspecté à l’endoscopie (lisse, rosé, bien limité) , confirmé par histo- Tumeurs très vascularisée (risque de saignements lors de la biopsie)
Métastases bronchopulmonaires : exceptionnellement responsables d'hémoptysie
Autres tumeurs : Tumeurs médiastinales (oeso) envahissant l’arbre trachéo-bronchique
Affections hématologiques malignes : Aspergillose invasive ou hémorragie alvéolaire

  •  Tuberculose

Hémoptysie par hypervascu systémique sur granulome ou cicatrice fibreuse
Révélatrice d’une tuberculose évolutive (caverne)
Chez un ancien tuberculeuxQ , elle évoque 5 situations ::
- Bronchectasies secondaires au sein d'une DDB séquellaire : la + fqte ds ce contexte , elle nécessite la
réalisation d’un TDM en coupe fine millimétrique.

- Récidive
- Broncholithiase : adénopathie calcifiée
- Colonisation aspergillaire dans une cavité résiduelle : image en grelot de la truffe aspergillaire, aspect
tumoral, positivité des précipitines sériques spécifiques

- Cancérisation sur cicatrice (exceptionnel)
ATCD tuberculeux, Rx pulm antérieures, Terrain, IDR, recherche de BK ds crachats + tubage gastrique

  •  Dilatation des bronches

Hémoptysies récidivantes par hypervascu systémique bronchique et favorisée par la surinfection bronchique
Parfois cataclysmiqueQ
Bronchectasie localisée ou diffuse (=> évoquer mucoviscidose sous-jacente)
ATCD de bronchorrhée purulente chronique, TDM thoracique à haute résolution (coupes fines)

  •  Bronchite chronique


Hémoptysies rares et peu abondantes en général : Diagnostic d’élimination
Rechercher un cancer bronchique / maladie sous-jacente : fibro, TDM, surveillance

  •  Infection pulmonaire (autres que tuberculeuse)


Pneumopathies infectieuses nécrosantes aiguës ou subaigües : entérobactéries, Staph aureus, Pseudomonas
aeruginosa, Actinomyces, Nocardia…

Kystes hydatique pulmonaires compliqués
Infections mycosiques (aspergillaires surtout) :- Aspergillomes sur lésions cavitaires préexistantes : caverne tuberculeuse détergée, fibrose- Aspergillose invasive chez immunodéprimé (hémoptysies volontiers abondantes)
Mycobactéries atypiques (infection active ou séquelles)

  •  Séquestration pulmonaire


Partie d’un poumon vascularisé par une artère d’o.sous diaphragmatique = systémique (postérobasale G)
Hémoptysies compliquant les formes intralobaires
Rx pulmonaire, TDM : objective vascularisation systémique

  •  Hémoptysies traumatiques

Plaie pulmonaire, contusion pulmonaire, rupture trachéo-bronchique, rupture de gros vx intrathoraciques
Iatro : ponction pulmonaire transpariétale, biopsie bronchique ou transbronchique, brossage protégé,
désobstruction trachéale au laser, rupture ou fissuration du TABC sur trachéotomie

  •  Anévrismes pulmonaires

Hémoptysies dramatique le + svt
Rechercher : Maladie de Behcet, Anévrisme mycotique, Faux anévrisme de l’artère pulmonaire (tuberculose,
aspergillome, abcès), Traumatisme d’une branche de l’AP par une Swan-Ganz


  •  Malformations artério-veineuses pulmonaires (intégré ou pas dans maladie de Rendu-Osler)

  •  Autres causes


Lésions fibrosantes pulmonaires (sarcoïdose ou silicose compliquées)
Endométriose broncho-pulmonaire

CAUSES CARDIOVASCULAIRES

  •  Embolie pulmonaire

Hémoptysies peu abondantes traduisant l’obstruction d’une branche distale de l’AP d’où irruption de sg artériel
bronchique par les shunts bronchopulmonaire => hémorragie intrapulmonaire

Si non résorption du sang intraalvéolaire, constitution d’un infarctus pulmonaire par nécrose des parois
alévolaires


  •  RM et insuffisance ventriculaire gauche (OAP) par hyperpression veineuse pulmonaire, lors des efforts

  •  HTAP


Primitive ou secondaire (maladie thrombo-embolique, cardiopathie congénitale, collagénose)
Hémoptysie par hyper vascularisation systémique

  •  Sténose de l’AP compliquant maladie de Takayashu ou une fibrose médiastinale
  •  Rupture spontanée ou iatrogénique d'un gros vaisseau artériel (anévrisme de l’aorte…)


SYNDROMES HEMORRAGIQUES PULMONAIRES

correspondent à un saignement intraparenchymateux et alvéolaire diffus => anémie, hémoptysies répétées, opacités
pulmonaires bilatérales de type alvéolaire

Causes médicamenteuses ou toxiques : D-pénicillamine, vinblastine, amiodarone, nitrofurantoïne, anticoagulants
(surdosage), crack

(surdosage), crack

  •  Troubles de l'hémostase

  •  Causes infectieuses

  • Origines immunes / association à des anomalies extrapulmonaires :


Mie de Wegener (ANCA) : Atteinte rénale + ORL + pulmonaire
Sd de Goodpasture (Ac anti-Mb basale) associé à une GN proliférative extracapillaire secondaire avec dépôts
linéaire à la PBR

Lupus erythémateux disséminé
Hémosidérose pulmonaire
Polyangéite microscopique

HEMOPTYSIE IDIOPATHIQUE

RX, Endoscopie, TDM, scinti :
Surveillance

Traitement


  •  Hospitalisation
  •  Conditionnement


Repos au lit
O2, sonde nasale, 2 VVP de bon calibre
Remplissage éventuel
En cas d’hémoptysie cataclysmique, intubation sélective ou sonde à double lumière dite de CARLENS

  • Vasoconstricteurs +++ : Diapid® Lysopressine 5 UI/h à apdapter à la tolérance cardioV et à l’efficacité
  • Si échec : Embolisation artérielle : Artères bronchiques (repérage des artères à destinée médullaire car risque de
    paraplégie


  • Si échec : ttt endoscopique : Compression avec sonde à ballonet ou instillation d’Adrénaline diluée ou sérum phy
    froid à 4°.
froid à 4°.

  • Chirurgie en cas d'hémoptysie très abondante si techniquement réalisable
  • Traitement étiologique d'un cancer, d'une tuberculose, résection chirurgicale d'une DDB, d'un aspergillome


Source : Fiches Rev Prat, Rev Prat 2001, Medline de Pneumo, QCM Intest 2000  

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