Attaque de panique = crise d'angoisse aiguë

Clinique

Manifestation paroxystique d’anxiété, physique et psychique
Début brutal, nocturne
Sensation de danger imminent, de déréalisation (= de vivre un rêve), d’impuissance et de détresse devant le danger
Angoisse flottante, pseudo-phobie
Signes subjectifs
Constriction thoracique, suffocation
Sensations d'étourdissement, de vertige (non rotatoire) et parfois un évanouissement complètent le tableau
Signes physiques
Paleurs, sueurs, tachycardie, tremblements
Agitation stérile ou prostration résignée
Parfois : vomissements, diarrhées
Attaque se termine brutalement en qqs min ou heures, avec débacle polyurique ou diarrhéique
Diagnostic étiologique
Crises d’angoisse spontanées
Certains sujets ont des crises totalement imprévisibles, sans facteur déclenchant
Ces crises inaugurent souvent une pathologie anxieuse = trouble panique
Crises spontanées se répètent à une fréquence variable (de plusieurs par mois à plusieurs par jour)
A l’origine d’une anxiété quasi permanente : le sujet appréhendant continuellement la survenue d’une nouvelle attaque de panique = " peur d’avoir peur " = anxiété anticipatoire
souvent évitement des situations dans lesquelles le sujet se sent particulièrement vulnérable, dont il ne peut s’échapper facilement ou dans lesquelles il ne peut être aidé en cas de crise (éloignement du domicile, foule, transports en commun, grands espaces, etc…) = trouble panique associé à une agoraphobie
Dans certains cas, une crise spontanée peut rester isolée et ne pas rentrer dans le cadre d’un trouble panique.
Crises d’angoisse déclenchées par une situation
Des situations extrêmes de la vie peuvent déclencher des réactions d’angoisse chez des sujets indemnes de pathologie préalable : accident, agression, annonce d’une mauvaise nouvelle, imminence d’un événement important, etc.
Certains sujets, souffrant de troubles anxieux, ont en revanche une vulnérabilité très particulière à des situations spécifiques, à l’origine de crises d’angoisse prévisibles.
sujets phobiques (phobies spécifiques, phobies sociales) peuvent ainsi avoir de véritables attaques de panique lorsqu’ils sont " exposés " à un objet phobogène (animal, objet, lieu, situation sociale, etc.)
sujets souffrant de syndrome de stress post-traumatique peuvent également présenter des crises d’angoisse dans des circonstances qui leur rappellent l’événement traumatisant antérieur.
Crises d’angoisse au cours d’autres pathologies psychiatriques
La plupart des troubles psychiatriques peuvent être à l’origine d’états anxieux aigus, dont les caractéristiques peuvent se rapprocher plus ou moins de la crise typique.
troubles dépressifs, qui peuvent s’accompagner
de crises d’angoisse aiguës
d’états anxieux intenses mais beaucoup plus durables (plusieurs heures voire toute la journée)
troubles psychotiques.
angoisse associée peut être de nature très variable,
primaire (angoisse psychotique dans la schizophrénie)
secondaire aux autres symptômes (délire, hallucinations, etc.).
pathologies alcooliques et autres dépendances, avec de nombreuses étiologies possibles (intoxication, sevrage, troubles anxieux, dépressifs, ou organiques associés, etc.).
Crises d’angoisse induites par une substance
susceptibles d’induire à elles seules des crises d’angoisse aiguës, et leur recherche doit être systématique en cas de contexte évocateur :
alcool, cannabis,
cocaïne, hallucinogènes (LSD), amphétamines, solvants volatifs,
théophylline, phencyclidine, produits anticholinergiques, dérivés nitrés, préparations thyroïdiennes, corticostéroïdes, oxyde et dioxyde de carbone.


Des crises peuvent être également induites par le sevrage de certaines substances :
alcool
opiacées, benzodiazépines
certains antihypertenseurs
Crises d’angoisse secondaires à un trouble organique
Il peut s’agir d’un diagnostic différentiel,
certains troubles somatiques favorisent par ailleurs l’émergence d’une symptomatologie anxieuse aiguë, qu’il faut alors traiter comme telle en plus de la pathologie organique :
crises d’angor, crises d’asthme,
épilepsie partielle ou crises sensorielles.
Conduite à tenir
Urgence, Pas d’hospit
Évaluation
L’examen somatique dans l’urgence est à adapter à la situation et aux premiers signes d’orientation,
pouvant se limiter à une auscultation et à une prise de tension artérielle
réalisation d’examens complémentaires en urgence : électrocardiogramme, examens sanguins, biologiques et recherche de toxiques au moindre doute. (au min. : ECG, Gly, rx thorax)
Au plan psychopathologique
recueillir le plus d’informations possibles sur les antécédents du patient et les circonstances de la crise, avec la contribution éventuelle de l’entourage.
écoute attentive du discours du patient, même sur une période courte, pour orienter le diagnostic étiologique.
Mesures générales
Réassurance, atmosphère calme
éloignement des facteurs anxiogènes extérieurs + présence rassurante d’un professionnel permettent très rapidement de réduire l’intensité de la crise ou de la faire cesser.
Si l’examen est en faveur de l’existence d’une pathologie organique associée à l’angoisse, il faut le préciser au patient et le prévenir des éventuels traitements et examens complémentaires prescrits.
Dans le cas contraire, il est aussi important de le signaler au patient, sans conclure à l’absence de pathologie mais en pointant l’origine psychologique de son état, permettant d’attribuer à l’anxiété les symptômes physiques observés.
Lui rappeler que la crise va naturellement céder et qu’en aucun cas sa vie n’est en danger est souvent indispensable.
Des méthodes simples permettent également de réduire les symptômes psychiques et physiques
défocaliser l’attention du patient des menaces externes ou de sensations internes anxiogènes,
orienter cette attention vers un essai de détente d’une partie du corps comme les muscles du bras ou des épaules,
surtout modifier le rythme respiratoire : doit être le plus lent et le plus " superficiel " possible, bouche fermée et en s’aidant d’une respiration abdominale plutôt que thoracique. Les respirations amples et l’hyperventilation favorisent en effet l’hypocapnie responsable de nombre de symptômes somatiques.
Ces mesures permettent dans la très grande majorité des cas d’obtenir une interruption de la crise.
Il faut ensuite expliquer au patient ce qu’il vient de vivre,
compléter éventuellement l’examen somatique, et approfondir l’évaluation psychopathologique.
En fonction de celle-ci, le patient sera orienté vers son médecin traitant ou vers un spécialiste en fonction de l’étiologie (traitement préventif dans un trouble panique par exemple).
Médicaments (avec poso)
Il ne s’impose que lorsque la crise se prolonge malgré les méthodes énoncées ci-dessus, par exemple au-delà d’une demi-heure, ou que les symptômes sont très intenses (agitation psychomotrice très importante).
La voie orale est à privilégier
En urgence : anxiolytique Q, en l’absence de CI : Per os : benzodiazépines : diazépam (Valium®), 1 comprimé à 5 ou 10 mg
L’effet anxiolytique, s’accompagnant éventuellement d’un effet sédatif (en fonction de la dose et de la sensibilité du sujet), est obtenu en 15 à 30 min environ.
surveillance : vigilance et fonction respiratoire, surtout en cas de prise récente d’alcool ou d’autres toxiques, opiacés notamment.


Source : rdp, KB, medline ttt.

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